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Quartier Manongalaza, plus de personnes que prévu

La cible de ce jour fut MANONGALAZA, quartier repéré depuis un bon moment par l’association Récup’Mada, situé dans la partie sud de la ville. Une simple visite chez la présidente de quartier a suffi à programmer un rendez-vous pour la semaine d’après.

Le jour J, nous nous sommes rendus comme prévu dans les locaux du « fokontany », la Récup’Mobile chargée de vêtements pour adultes et nourrissons et de linge de maison, et SURPRISE … nous attendait une foule d’un effectif ne correspondant pas du tout à la liste qui nous avait été fournie. Un deuxième aller-retour au local de stockage fut organisé en urgence.

Un briefing de Gigi, Président de l’asso, a succédé au discours de remerciement de la Présidente de quartier et la distribution pût commencer. Jamais la chaleur plombante n’a entravé la bonne humeur collective, ni le bon déroulement des opérations.

250 bénéficiaires plus tard, nous avons rechargé le véhicule avec les dons restants afin de les distribuer à la décharge, située à proximité, et où Récup’Mada avait effectué sa première intervention quelques années auparavant. Ayant reconnu le véhicule de l’association, nous avons été pris d’assaut en quelques secondes et il nous a été impossible de mettre le pied à terre. Nous avons dû faire le dispatching depuis l’arrière du véhicule.

Distribution de materiel scolaire

Nous vous avions présenté Rachidy de la Maison d’Arnaud. Cet homme, qui s’occupe des orphelins dans un quartier nommé Antanamitarana, est devenu un ami et n’hésite jamais à nous donner de bons conseils. Ce jour, il nous a accompagné à l’école publique d’Antanamitarana, établissement situé juste à côté de l’orphelinat.

Après avoir rencontré la directrice, nous avons fait une distribution de matériel scolaire à une soixantaine d’enfants sous-équipés dont les familles sont dans une situation plus que précaire. Chacun un petit panier composé d’un cahier et d’une trousse remplie de stylo, crayon papier, feutres, crayons de couleur, règle, compas, équerre, rapporteur, gomme, taille-crayon, etc … Distribution effectuée en aparté pour éviter la jalousie des uns et la honte des autres.

 

Seulement la moitié des instituteurs et institutrices est rémunérée par l’État. L’autre moitié reçoit seulement une compensation de la FRAM, qui s’apparente à une petite somme cotisée par les parents d’élèves pour payer les enseignants (16€ par mois). Établissement à surveiller de près dans le futur.

Association SAMEVA – artisanat et textile, vecteur d’indépendance des femmes

L’association SAMEVA est une incontournable au sein de la communauté solidaire de Diego-Suarez. Nombreuses, TRÈS nombreuses sont les femmes qui, parfois depuis très jeunes, se retrouvent dans une situation précaire. Célibataire avec des enfants à charge, sans finances ni aucune formation, c’est là que l’association SAMEVA intervient.

Des formations à la couture et à l’artisanat permettre à ces dernières de regagner une autonomie financière, mais pas que. Outre l’épanouissement personnel et l’amélioration du niveau de vie de ces femmes, les bénéfices issus de la commercialisation des créations de l’association sont également injectés dans des initiatives sociales et solidaires (formations, alphabétisation et réinsertion de femmes démunies, de personnes en situation de handicap ou en situation post-carcérale).

Pour la deuxième fois, l’association Récup’Mada leur a rendu visite. Au programme, distribution de coupons de tissus, rouleaux de textile, coton en bobine, pelotes de laine et fournitures en tout genre.

Nous avons eu le droit à une visite guidée du nouvel atelier par la présidente Madame Irène en personne. Nous avons eu le plaisir de voir à l’œuvre les machines à coudre qui leur avaient été offertes lors de notre première visite.

Un grand bravo à SAMEVA pour leur implication et leur engagement.

L’association Récup’Mada va en prison

Le réseau que nous nous sommes constitué sur Diego-Suarez nous a permis d’obtenir les coordonnées du Père Bonald, responsable de l’aumônerie catholique de la prison de la ville. Après nous être rendu à son domicile pour le rencontrer, nous avons enchaîné directement avec une visite de la prison. Quartier des hommes, quartier des femmes (ou vivent également leurs enfants et nourrissons), quartier des mineurs, Max, notre « membre éphémère » que nous avons présenté dans un précédent article, et Gigi, président de l’antenne locale, ont eu droit à une visite complète de la prison dans ses moindres recoins en compagnie du Père Bonald, du directeur et des surveillants de prison. Leur a même été réservée une descente dans la cour de promenade, parmi les détenus, pour évaluer la possibilité de mettre en place une distribution.

Après cette grosse gifle a été prise la décision d’effectuer une distribution pour dans deux semaines.

Cela nous a laissé le temps de préparer des colis constitués de vêtements et de draps pour les 250 hommes et 50 femmes, constituant les personnes les plus vulnérables de l’établissement. Les 300 sacs-plastique ayant servi à constituer ces colis nous ont été gracieusement offerts par un commerçant rencontré dans la rue.

Le jour J, Max et Gigi ont chargé les 300 colis dans un camion-benne prêté pour l’occasion et se sont rendus au pénitencier pour mener à bien l’action du jour, en distribuant en main propre les colis à chaque détenu, avec en bonus des ballons de foot afin d’agrémenter les temps de promenade d’un peu d’activité physique.

Ce ne fut pas la plus grosse distribution effectuée par l’association, mais certainement la plus bouleversante.

Toute première distribution (… enfin !!!)

Dans la série des « toutes-premières-fois », première opération de distribution de dons. Pour cette occasion, ce seront des vêtements, des jouets et des articles de puériculture qui seront offerts.

Après une étude de terrain, nous avons pris la décision de nous diriger vers l’Est, en direction d’Anamakia. Choix judicieux confirmé dès notre première halte, au niveau de la décharge. A gauche, des hommes, des femmes de 10 à plus de 80 ans, cassent des pierres, blancs de poussière ; à droite, des générations similaires arpentent la décharge, pieds-nus, foulant les tessons de verre, à la recherche de quelques fils, composants électroniques et tout objet qui aurait échappé à la vigilance de leurs prédécesseurs dans le but d’en tirer un prix certainement impalpable pour nous, occidentaux. Un instant déstabilisant, suscitant un mélange inhabituel de plusieurs émotions simultanées : colère, tristesse, révolte, tendresse, humilité, admiration, honte. Un cocktail claquant et subtile à servir aux plus geignards d’entre nous avec, en guise de petit parasol … de la joie … Et oui ! De la joie ! Au milieu de ce spectacle, des sourires, des chants, des mains qui battent la mesure. La Récup’Mobile est prise d’assaut par une cinquantaine de personnes, curieuses de la raison de notre présence. Nous distribuons quelques vêtements, quelques jouets, nous nous réservons quelques minutes pour discuter avec les locaux et reprenons la route, sonnés.

Nous poursuivons notre périple, nous arrêtant de nombreuses fois au bord de la route pour continuer notre distribution, pour épuiser notre chargement dans un village nommé Tsiampana, qui marque notre demi-tour. Nous y sommes accueillis par les anciens du village qui nous invitent à nous assoir par terre à leurs côtés, à l’ombre d’un arbre. Bombardement mutuel de questions inévitable, puis nous opérons notre dernière distribution du jour.

Petite pause-rafraichissement pour faire retomber les émotions, on encaisse doucement la grosse claque de cette journée, et nous organisons notre retour sur Diego-Suarez.

A bientôt